top of page

La cinquantaine rugissante #6 Where the magic happens


Ce soir, je vais à un speed-dating.


Je préfèrerais mille fois passer cette St-Valentin tranquillement, à la maison, confortablement installée dans une relation épanouissante, avec un homme que j’aime et qui m’aime, deux ou trois bougies, un repas léger cuisiné ensemble, une bonne bouteille de vin, une playlist romantique, …


Mais pour pouvoir mettre ce super plan à exécution l’année prochaine, il va falloir que je sorte de ma zone de confort.


Speed-dating ce soir, donc.


Je préfèrerais nettement une rencontre « à l’ancienne », du style un ami d’amis rencontré « par hasard » chez lesdits amis. Mais les amis de mes amis ne sont pas célibataires et les couples qui divorcent redistribuent les cartes entre eux (phénomène étrange souvent observé).


Tout le monde s’accorde à dire qu’il est difficile de faire des rencontres à notre époque de manière générale. Passé la cinquantaine ça devient presque chimérique. Jusqu’à récemment, le célibat était plutôt gênant, surtout pour une femme « d’un certain âge », qui entrait forcément dans l’une de ces cases :


-       lesbienne qui n’a pas fait son coming-out,

-       maîtresse d’un homme marié,

-       trop exigeante.


Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu : « Tu verras, c’est quand tu t’y attendras le moins que ça te tombera dessus ! » La plupart du temps j’abonde et je souris bêtement, en comptant mentalement depuis combien de temps je ne m’y attends plus.


Sophie Loustalot a trouvé la riposte qu’il me manquait face à cet adage sorti de nulle part :


Et puis, fin 2025 je découvrais, un peu perplexe tout de même, ces deux nouvelles tendances, relayées par les réseaux sociaux et les magazines féminins :


1)    être en couple hétéro devient gênant pour les femmes

2)    la « vieille fille » devient symbole de tranquillité et de développement personnel


Décidément, je serai toujours en décalage, parce que moi maintenant j’ai envie d’être en couple !


Donc ce soir, je m’extirpe de ma zone de confort et je vais à un speed-dating.

Par un heureux hasard algorithmique, quelques minutes après mon inscription, Instagram me proposait cette vidéo des humoristes de Couleur3, parfaite pour faire retomber la pression avant d’y aller :


 

Un peu cliché vous trouvez ? Pas si éloigné que ça de la vraie vie pourtant…


-       Ah mais on ne peut pas attendre la semaine prochaine pour notre 2ème rendez-vous (on est vendredi soir). A moins de 4 ou 5 rencontres par semaine on n’arrivera jamais à vraiment faire connaissance.

 

-       Toutes mes ex sont épicuriennes mais elles sont minces. 

 

-       Moi aussi j’aime l’art : je suis photographe, spécialisé dans le bondage artistique.

 

-       Tes projets professionnels sont sympas mais voués à l’échec. Je peux t’aider. C’est ce que j’ai fait avec mon ex. Bon, elle s’est tirée avec le fric que je lui ai prêté cette « &-% *+# ». Mais pour toi je suis prêt à recommencer.  

 

-       T’habites Fribourg ? Mais c’est la campagne ! Tu serais prête à venir jusqu’à Lausanne ?


Bon, je le reconnais, je suis peut-être un peu exigeante.


Les mecs ont sans doute aussi droit à leurs lots de réponses édifiantes ou flippantes. Parce qu’on est tous (ou presque) un peu cabossés, maladroits ou stressés lors de ces premiers échanges avec un-e inconnu-e, hors de nos zones de confort respectives.


Si les trucs qui se passent hors de notre zone de confort ne sont pas toujours magiques, il se passe au moins des trucs. A chaque fois que je m’apprête à en sortir, par exemple lorsque je pars en voyage seule, je maudis cette partie de moi qui ne parvient pas à rester tranquille et à apprécier la routine sur le long terme. J’ai mal au ventre, je suis anxieuse +++, j’ai même fait quelques crises d’angoisse bien gratinées par le passé. Mais je sais que dès que j’aurai fait le premier pas hors de mon nid douillet, la mise en mouvements apaisera le petit monstre logé dans mon cerveau reptilien. Et surtout, je préfère les remords aux regrets. Alors pas le choix : j’y vais !


Si ce soir Cupidon ne décoche pas sa flèche, je sais que je rencontrerai plein de gens intéressants (parce que dans les exemples de 1ers rendez-vous, je ne vous ai pas parlé des mecs sympas, intelligents, plein d’humour, avec qui cela n’a juste pas matché) et j’apprendrai certainement un ou deux trucs sur mon fonctionnement (dixit « la vieille fille en développement personnel »).


Alors ce soir, petite balade hors de ma zone de confort !


Et vous ? Comment vous sentez-vous hors de votre zone de confort ?

 

 

Commentaires


bottom of page